Visitez l'expo À la recherche d'Utopia jusqu'au 17.01.2017

Portrait d’une jeune princesse

Cette œuvre de Jan Gossaert raconte toute l’histoire d’À la recherche d’Utopia en une seule image magnifique : Portrait d’une jeune princesse danoise portant une sphère armillaire. La sphère armillaire qu’elle tient en main représente l’univers, mais à l’époque de Thomas More, elle symbolisait aussi la sagesse et la connaissance. Les anneaux métalliques représentent les cercles célestes. La princesse tient intentionnellement l’instrument scientifique à l’envers ! Jan Gossaert traduit ainsi merveilleusement le message d’Utopia : renverser les choses et être ouvert au changement permettent de révolutionner les idées.

À la recherche d’Utopia est votre sphère armillaire. Elle vous permettra d’envisager les bouleversements du 16e siècle sous un angle unique. L’exposition enrichira vos connaissances sur quatre plans. Pas à pas, vous apprendrez à mieux comprendre, apprécier et admirer cette période captivante. À la recherche d’Utopia sera un délice pour les yeux.

Utopia de Thomas More (1516) 

Un livre d’or sorti à Leuven conquiert le monde

Leuven, décembre 1516. À l’angle de l’actuelle Naamsestraat et de la Standonckstraat, le premier exemplaire d’Utopia sort de presse chez l’imprimeur Dirk Martens. 'Un livre d’or, pas moins utile qu’amusant, sur la république idéale et sur la nouvelle île Utopia', dit le sous-titre. Thomas More l’a écrit par frustration parce que corruption et mauvaise gestion étaient monnaie courante en Angleterre. Sa réponse fut Utopia : une île imaginaire où le bonheur et la justice régnaient en maître. Utopia était une société réalisable, ce qui fit l’effet d’une bombe dans la société dominée par l’Eglise.

Utopia est un tournant, une nouvelle époque pour la pensée européenne. Un bon ami de Thomas More, Desiderius Erasmus, était un autre réformateur. Vous connaissez certainement son Eloge de la Folie - une autre oeuvre fondamentale de cette période. Avec leurs manifestes, More et Erasme ont donné un énorme essor à la société. Aux 15e et 16e siècles, artistes peintres, tisserands et sculpteurs puisaient leur inspiration dans le rêve d’un monde idéal. L’aspiration à de nouveaux horizons conduisit à une production créative sans précédent.

L’énergie créative de cette époque est palpable dans l’exposition. La modernisation, la quête de l’inconnu, l’attrait pour les idéaux et les rêves ont inspiré une série d’œuvres tout bonnement magnifique.

Utopia pour les débutants : en savoir plus sur Thomas More

Pour ceux qui connaissent moins bien Thomas More, l’humanisme et Utopia, M a prévu une brève introduction au début de l’exposition. Un petit documentaire vous plonge en un rien de temps dans cette période unique. À ne pas manquer, même si vous pensez déjà connaître Thomas More ...

Mondes imaginaires

L’art entre le paradis et l’enfer

Utopia n’est pas seulement une histoire de rêves et d’idéaux. Les échecs et les déceptions font aussi partie de la quête de la nouvelle société. Le rêve demeure intact ou se transforme en cauchemar.Cette dualité détermine le caractère du deuxième aspect de l’exposition : le succès ou l’échec.

Utopia s’intéresse aux deux. More souligne l’importance de l’harmonie : de la redistribution des richesses à l’égalité des chances pour tous : riche ou pauvre, homme ou femme. Il prône la liberté de religion et même l’euthanasie - sujet pourtant tabou - y est pratiquée. Mais même dans le monde idéal, il y a un revers à la médaille. Certains sont exclus et ne peuvent pas accéder aux lieux où il fait bon vivre. Situation reconnaissable ! Pour souligner cette dualité, il y a deux espaces : l’utopie et son pendant la dystopie.

Un exemple frappant du monde idéal est le tableau Schuttersfeest (fête des archers) du Maître de Francfort. L’on y voit un groupe de personnes dans un ravissant jardin, en train de prendre du bon temps. Mais le peintre anonyme n’est pas aveugle à l’autre réalité : un autre groupe de personnes est délibérément repoussé par des gardiens armés. La grille est fermée. Les intrus ne sont pas les bienvenus.

Deuxième expression : les époustouflantes Besloten Hofjes (jardins clos). Ces petits chefs d’œuvre - restaurés spécialement pour l’exposition – représentent un monde idéal, spirituel et paradisiaque.

Le revers de la médaille de l’utopie, la dystopie, est représenté dans une pièce distincte. Vous serez pris dans un étourdissant jeu de passion, dévotion et d’angoisse de la mort. Une beauté rare et une déshumanisation sans précédent s’associent pour nous offrir une magnifique zone de tension. Les artistes font une représentation fascinante du feu de l’enfer d’où il semble impossible de s’échapper. Une opportunité unique d’admirer des œuvres majeures des Maîtres flamands réunies au M temporairement. A ne pas manquer donc.

Derrière l’horizon

Représentation de l’Inconnu

Utopia marque le début d’une période de changements majeurs et de voyages à la découverte du nouveau monde derrière l’horizon. Les artistes étaient nourris par la curiosité et leur créativité était stimulée comme jamais auparavant. Dans cette partie de l’exposition À la recherche d’Utopia, vous marchez sur leurs traces et découvrez leur imagination débridée. Derrière l’horizon est une somptueuse collection de licornes mythiques, d’animaux exotiques et de pigments précieux ramenés dans nos contrées. Nous découvrons des monstres et des sauvages bizarres de régions lointaines.Le monde derrière l’horizon devient plus connu quand le cartographe français Pierre Desceliers dessine ses fameuses Mappamundi sur parchemin pour le roi de France. Des contrées inconnues et lointaines en Amérique, en Asie et en Afrique sont une grande source d’inspiration. Les récits et les rêves nourrissent l’imagination et donnent lieu à des apogées historico-artistiques. La découverte du monde s’est accélérée à cette époque. Cette partie de l’exposition Derrière l’horizon – Représentation de l’Inconnu vous montre comment les artistes ont tiré parti de cette époque passionnante pour innover. M a rarement été aussi gâté avec autant de pièces maîtresses.

L’univers dans la main

Rêves d’espace et de temps

La quatrième et dernière partie de l’exposition À la recherche d’Utopia vous réserve un accord final sublime. Le rêve du monde idéal prend une nouvelle dimension dans l’art. Les gens veulent comprendre l’univers et l’éternité – et plus seulement croire. Ils renversent en quelque sorte eux-mêmes le spectre armillaire et s’appliquent à chercher leur Utopie. La science et l’art fusionnent dans une configuration grandiose. L’homme tient même l’univers dans une seule main, comme dans le portrait de la jeune princesse de Jan Gossaert. Si un enfant le peut et l’ose, pourquoi hésiterions-nous ?

Utopia signifie chercher les limites de l’univers. Naturellement, la science a propulsé cette recherche. L’exposition présente des instruments de mesure scientifiques originaux de Leuven datant du 16e siècle. Leuven était à l’époque à la pointe de la fabrication des spectres armillaires et des astrolabes. Ces instruments permettaient de calculer la hauteur et l’emplacement des astres. Gérard Mercator, Gemma Frisius et Gualterus Arsenius ont fait de ces instruments de navigation de petites œuvres d’art surprenantes. À la recherche d’Utopia est parvenue à réunir cinq des sept spectres armillaires qui subsistent. Ils viennent des quatre coins du monde et - fait exceptionnel - sont réunis à Leuven pour la première fois. Venez donc rêver d’espace et de temps à l’exposition À la recherche d’Utopia.

L’univers de Thomas More vous fascine ? Ne manquez pas de consulter le programme car il y a au total 25 expos et événements sur le thème Utopia. Le 17 janvier 2017, Leuven prendra congé de Thomas More. Ne manquez donc pas ces événements ponctuels.

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